Actualiser la page, 

ou 

Affronter le problĂšme.

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Jusqu’au moment oĂč « un moustique se pose sur son propre visage », 


l’humanitĂ© dĂ©couvre que plutĂŽt que de « rĂ©essayer la mĂȘme mĂ©thode », 


il semble nĂ©cessaire d’affronter la racine du problĂšme et de chercher une nouvelle mĂ©thode.

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Comme dans l’usage courant du rĂ©seau, il arrive d’observer un « 404 Not Found ». Le plus souvent, aprĂšs plusieurs actualisations, le phĂ©nomĂšne disparaĂźt.

Mais « actualiser la page » constitue-t-il réellement une méthode universelle pour résoudre tous les problÚmes du réseau ?

Le systĂšme derriĂšre Google comporte une probabilitĂ© intrinsĂšque de dĂ©faillance. Actualiser ne constitue qu’une nouvelle connexion. 


Dans cette architecture, la probabilité de rencontrer deux fois de suite cette défaillance devient encore plus faible.

L’« impossibilitĂ© de connexion » rencontrĂ©e par l’utilisateur fait partie des paramĂštres internes de ce systĂšme, et non le signe d’un dysfonctionnement rĂ©el que « l’actualisation » aurait corrigĂ©.

L’expĂ©rience inverse permet de l’observer immĂ©diatement : couper le rĂ©seau domestique, puis tenter « d’actualiser la page cent fois » ne produit aucun rĂ©sultat.

Mais affronter le problùme demande beaucoup d’effort.

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L’humanitĂ©, face Ă  un problĂšme, manifeste souvent une intuition : « ne pas vouloir faire face ».

Cela est normal, parce que « faire face à un problÚme » implique la nécessité de « changer ». 


Or l’humanitĂ© dĂ©teste, voire craint le changement, ce qui relĂšve Ă©galement d’une Ă©volution. DĂšs l’époque oĂč l’humanitĂ© ancienne faisait face aux « champignons », une telle Ă©volution s’est produite.

Alors que fait l’humanitĂ© ?

Tenter de répéter une fois encore, recommencer une fois encore, « prier » pour que ce problÚme puisse disparaßtre automatiquement.

Mais en rĂ©alitĂ©, nous savons intĂ©rieurement que cela ne fonctionne pas pour un problĂšme au niveau du noyau. Sans recherche de la racine « structurelle » ou « systĂ©mique » derriĂšre ce problĂšme, cette mĂ©thode n’a aucune utilitĂ©.

Jusqu’au moment oĂč « un moustique se pose sur son propre visage », l’humanitĂ© dĂ©couvre que plutĂŽt que de « rĂ©essayer la mĂȘme mĂ©thode », il semble nĂ©cessaire d’affronter la racine du problĂšme et de chercher une nouvelle mĂ©thode.

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Affronter. La majoritĂ© des problĂšmes provient de la configuration interne de « l’humanitĂ© » elle-mĂȘme.

L’inventeur italien Guglielmo Marconi dĂ©veloppa un systĂšme pratique de tĂ©lĂ©graphie sans fil, permettant pour la premiĂšre fois une communication immĂ©diate au-delĂ  des ocĂ©ans. Il reçut le Prix Nobel de physique en 1909.

Marconi, en 1912 :‹

« The coming of the wireless era will make war impossible, because it will make war ridiculous. »

« L’avĂšnement de l’ùre du sans-fil rendra la guerre impossible, parce qu’il rendra la guerre ridicule. »

Cette projection reposait sur l’idĂ©e suivante : si les individus peuvent communiquer Ă  distance en temps rĂ©el, l’expression « immĂ©diate » supprime les malentendus, et le monde ne connaĂźtra plus la guerre.

Premiùre Guerre mondiale — 1914.

Augmenter la frĂ©quence d’« actualiser la page » ne rĂ©sout pas une question rĂ©ellement systĂ©mique.

AprĂšs des dizaines de milliers d’annĂ©es, beaucoup prĂ©fĂšrent rester dans l’illusion selon laquelle « il existe quelque chose dans ce monde qui aime davantage la guerre que l’humanitĂ© », plutĂŽt que d’affronter le fait que l’humanitĂ© se combattait dĂ©jĂ  avant la maĂźtrise du feu.

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À l’époque contemporaine, la majoritĂ© des personnes observe toute la journĂ©e des Breaking News ( Alerte Info ), qui, dans le long cours de l’histoire, ne sont rien d’autre que des bulles dans l’ocĂ©an.

Ceux qui connaissent l’histoire ont peut-ĂȘtre dĂ©jĂ  entendu : il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

Oui. « Actualiser la page » est facile, penser avec patience aux problÚmes systémiques est fatigant.

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En 2025, il semble que « le tarif douanier » — ce concept ancien — soit perçu comme plus novateur que le dernier iPhone ou que l’AI. 


MĂȘme si « le tarif douanier » n’avait rien de nouveau pour un Grec antique ou pour un individu du Moyen Âge. 


MĂȘme si ces mesures tarifaires Ă©taient dĂ©jĂ  employĂ©es dans les annĂ©es 1930.

En 2025, lorsque des forces hostiles pĂ©nĂštrent puis affaiblissent, certains imaginent qu’il suffit de « retourner Ă  l’ancienne gloire » pour retrouver une vie prospĂšre. Ainsi une dĂ©rive vers l’extrĂȘme droite s’opĂšre. 


Cela existait déjà dans les années 1970.

Oui. Face Ă  l’inconnu, l’humanitĂ© ressent de la crainte, ce qui est normal.

Face Ă  de nombreuses formes « d’automatisation » dĂ©jĂ  mĂ»res en 2015, combien acceptent de changer de trajectoire professionnelle et d’explorer de nouvelles compĂ©tences ?

Ou prĂ©fĂšrent croire qu’aprĂšs dix ans, en 2025, tout sera rĂ©solu. 


Puis, lorsque rien ne l’est, « oversimply » tout et attribuer la totalitĂ© des problĂšmes au gouvernement.

Une majoritĂ© refuse de faire face Ă  une pĂ©riode de transformation. De mĂȘme que des acteurs politiques familiers de « la mondialisation » refusent de reconnaĂźtre un nouvel Ă©chiquier, pourtant rĂ©pĂ©tĂ© plusieurs fois dans l’histoire.

PrĂ©fĂ©rer penser que « revenir Ă  l’origine », « encore une fois », suffira Ă  amĂ©liorer la situation.

MĂȘme si l’esquisse Ă©conomique de « la mondialisation » existait dĂ©jĂ  sous l’Empire romain, certains continuent Ă  la considĂ©rer comme une invention du XXIᔉ siĂšcle.

Si chaque jour consiste Ă  manger du fromage, sans accepter mĂȘme trente minutes d’entraĂźnement musculaire, sans accepter mĂȘme trente minutes de lecture ou d’écoute musicale en silence, l’affaiblissement continu du corps et de la pensĂ©e est parfaitement normal.

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« Je m’en fous. »
« C’est fatigant, je ne veux pas gĂ©rer. »
« C’est ton affaire. »

Ainsi une majoritĂ© s’habitue Ă  « Je m’en fous ». Ainsi du niveau individuel jusqu’à la politique internationale, la trajectoire devient l’isolationnisme.

Oui. L’une des bases de la dĂ©mocratie est la responsabilitĂ© partagĂ©e par tous.

Ainsi prĂ©fĂ©rer regarder une Ă  une les bulles de l’histoire, puis s’étonner de voir la situation dĂ©cliner sans cesse.

Est-ce vraiment soudain ?

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Oui.

« Je veux que l’environnement change, mais je ne veux pas me changer. »


« Je veux une Ă©conomie prospĂšre, mais je ne veux pas travailler. Je ne veux pas assumer les consĂ©quences d’une erreur. D’autres, des entreprises, ou le gouvernement doivent porter pour moi. Je ne me soucie pas des effets de mes fautes, car je veux ĂȘtre payĂ©. Et je veux des congĂ©s. »

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De la perte de poids, Ă  la consommation, Ă  l’économie, Ă  l’économie, Ă  la culture, Ă  la politique intĂ©rieure, jusqu’à la politique internationale.

Si aucun changement n’a lieu, alors l’histoire n’a d’autre choix que de se rĂ©pĂ©ter.

La nature humaine a une forme d’absurditĂ©.

Des dizaines de milliers d’annĂ©es ont passĂ©, et l’humanitĂ© n’a pas encore appris Ă  remplacer la violence par la peinture et par la musique.

Ainsi l’histoire, comme le chat dans ta maison, observe en silence.

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Hearing — the first sense to arise, the last to fade.‹
Music — unseen, intangible, yet the very soul of ambience.

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