Se brosser les dents

­

Remercier l’élan, mais ne pas en dĂ©pendre. 


Utiliser la force fournie par cet élan pour construire le systÚme personnel et les habitudes personnelles.

­
­

« Cette nouvelle annĂ©e, je vais absolument
 »

Rappel des dĂ©clarations de « rĂ©forme » marquantes, qu’elles proviennent de la hiĂ©rarchie, de l’entourage, ou de soi-mĂȘme.

Puis examen :  


Parmi ces « dĂ©clarations de rĂ©forme », combien ont effectivement Ă©tĂ© mises en Ɠuvre de maniĂšre complĂšte ?

­

La nature humaine résiste fortement au changement, comme mentionné à plusieurs reprises.

La « résistance au changement » relÚve à la fois de la nature humaine et du processus évolutif. 


L’ĂȘtre humain ancien, confrontĂ© aux champignons, ne pouvait se permettre d’expĂ©rimenter sans discernement ; cette prudence conditionne la survie jusqu’à aujourd’hui.

Plus une « déclaration de réforme » est spectaculaire, plus elle est identifiée par la cognition comme un « changement ». 


En conséquence, le bruit interne de la résistance augmente.

À l’image des objectifs de Nouvel An : mĂȘme un objectif simple comme le contrĂŽle du poids est reproduit par copier-coller pendant plusieurs annĂ©es.

Oui. La principale source de rĂ©sistance est soi-mĂȘme.

Alors, quelle méthode adopter ?

­

« Guerre cognitive »

Dans le domaine militaire contemporain, il existe une stratégie appelée « guerre cognitive ».

Par comparaison avec le modĂšle de la guerre antique tel qu’imaginĂ© par la majoritĂ© — l’affrontement direct de deux armĂ©es — cette stratĂ©gie met l’accent sur l’usage de moyens visant Ă  dĂ©sagrĂ©ger l’adversaire de l’intĂ©rieur. 


Les procĂ©dĂ©s courants incluent la modification des modes de pensĂ©e de l’adversaire, ainsi que l’altĂ©ration des perceptions et des comportements des publics concernĂ©s.

ComparĂ©e Ă  la guerre conventionnelle fondĂ©e sur la confrontation directe des ressources, la guerre cognitive se concentre davantage sur l’exploitation des ressources propres de l’adversaire afin de provoquer son autodĂ©gradation. 


Cela rend la rĂ©sistance, l’entrave ou la redirection des objectifs de l’attaquant particuliĂšrement difficiles.

Ce phĂ©nomĂšne constitue Ă©galement un problĂšme que les États contemporains commencent Ă  identifier. 


Certaines figures politiques adoptent des comportements de plus en plus extrĂȘmes et outranciers. Lorsque l’opinion publique se contente de tourner ces figures en dĂ©rision, les assimilant Ă  des clowns et considĂ©rant leur carriĂšre Ă©lectorale et politique comme abandonnĂ©e, elle nĂ©glige le fait que les « missions » et les « ressources d’approvisionnement » situĂ©es en arriĂšre-plan ont dĂ©jĂ  changĂ©. 


La victoire Ă©lectorale n’est plus nĂ©cessaire. La mission n’est plus la victoire Ă©lectorale.

À chaque Ă©lection, une ponction de 5 % Ă  10 % des voix de la force du parti au pouvoir ou de l’alliance politique ciblĂ©e est opĂ©rĂ©e ; mĂȘme si ces voix se reportent vers d’autres partis secondaires, cela ne pose pas de problĂšme. 


DĂšs que le moment est atteint, l’administration est paralysĂ©e et la sociĂ©tĂ© est fragmentĂ©e. 


DĂšs que la fragmentation s’opĂšre, la population ressent pleinement l’injustice ou l’inĂ©galitĂ©, Ă  l’image de la sociĂ©tĂ© prĂ©cĂ©dant la RĂ©volution française, et la sociĂ©tĂ©, telle une pathologie du systĂšme immunitaire, en vient Ă  s’attaquer Ă  elle-mĂȘme.

Bien entendu, ces Ă©lĂ©ments ne constituent pas une nouveautĂ© dans l’histoire.

Cependant, poursuivre au-delà dépasserait le cadre de ce texte.

Face Ă  la rĂ©sistance propre, il est possible d’emprunter le concept de « guerre cognitive » afin de dĂ©sagrĂ©ger la « rĂ©sistance » de l’intĂ©rieur.

­
­

Remercier l’élan, mais ne pas en dĂ©pendre. Utiliser la force fournie par cet Ă©lan pour construire le systĂšme personnel et les habitudes personnelles.

Les « dĂ©clarations de rĂ©forme » spectaculaires sont certes positives. La situation est comparable Ă  la prĂ©sence d’une motivation ou d’un Ă©lan puissants.

Cependant, une confiance doit ĂȘtre accordĂ©e Ă  la « nature humaine ». 


Face Ă  la nature humaine, toute motivation et tout Ă©lan ne peuvent ĂȘtre maintenus sur une longue durĂ©e.

Cela est, en rĂ©alitĂ©, un phĂ©nomĂšne normal. L’ĂȘtre humain n’est pas encore adaptĂ© Ă  une durĂ©e de vie aussi longue. 


Sur un marchĂ© du Moyen Âge, l’ñge moyen atteignait environ vingt et un ans.

Il ne faut pas oublier que, dans les périodes anciennes, une motivation intense était, la plupart du temps, destinée à la survie.

Dans le systÚme nerveux, un mécanisme bien connu existe : 

La « fight-or-flight response ». 


Qu’il s’agisse de fight ou de flight, la durĂ©e dĂ©passe rarement huit heures. Peu de prĂ©dateurs poursuivent une mĂȘme proie plus d’une heure.

Par exemple :


Observer si le chat domestique poursuit « sans interruption » une pelote ou un plumeau pendant plus d’une heure, ou s’il cesse toute attention en moins de trois minutes.

Pour accomplir des objectifs majeurs, l’apprentissage d’une technique est nĂ©cessaire. 


Une rĂ©flexion calme est indispensable. Un Ă©lan fondĂ© uniquement sur l’enthousiasme est vouĂ© Ă  l’usure.

De la mĂȘme maniĂšre, au fil des millĂ©naires, les entreprises ou les empires qui, face aux transformations, se contentaient d’exiger un effort intensif des employĂ©s Ă©taient destinĂ©s Ă  ĂȘtre Ă©liminĂ©s par l’époque.

Remercier et accueillir l’élan, puis utiliser la force fournie par cet Ă©lan pour construire le systĂšme personnel et les habitudes personnelles.

Alors, comment construire ?

­

Commencer par le simple, puis augmenter progressivement. 


Il n’est pas nĂ©cessaire de se soucier du caractĂšre parfait ou non des rĂ©sultats initiaux, car l’imperfection est inĂ©vitable. 


Le point essentiel réside dans la correction ultérieure.

Cela constitue Ă©galement l’un des noyaux de la guerre cognitive.

Imaginer la situation suivante :


Si un agent infiltrĂ© propose une politique manifestement alignĂ©e sur les intĂ©rĂȘts d’un État adverse, les prises de position ultĂ©rieures seront perçues comme des objets de dĂ©rision, ou, au maximum, utilisĂ©es comme un « decoy effect » en marketing. 

La possibilitĂ© d’un vĂ©ritable projet politique disparaĂźt.

De maniĂšre plus concrĂšte :


Si un adversaire de Macron proposait soudainement une politique visant Ă  soutenir militairement la Russie et la Chine, Macron, mĂȘme durant le sommeil, se lĂšverait probablement pour danser en somnambulisme.

À l’image de ce qui se produit aprĂšs les « dĂ©clarations de rĂ©forme » du Nouvel An :

  • PrĂ©sence quotidienne Ă  la salle de sport, sept jours par semaine, avec entraĂźnement de force Ă  charges lourdes, puis disparition complĂšte aprĂšs moins de deux semaines.

  • Achat de dix livres, dont seul le premier dĂ©passe cinq pages, les autres restant alignĂ©s avec ceux achetĂ©s l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente et l’annĂ©e d’avant.

Contrairement aux sociĂ©tĂ©s mĂ©diĂ©vales recourant au « duel judiciaire », ou aux cow-boys des tavernes anciennes, ton objectif n’est pas de prouver Ă  autrui une quelconque duretĂ©, mais d’aider toi-mĂȘme Ă  vivre plus longtemps et dans de meilleures conditions.

Commencer par le simple, puis augmenter progressivement.

Que faire en cas d’échec ? 


Que faire en présence de ce qui est qualifié de « perfectionnisme » ?

La « perfection » initiale ne possÚde que peu de signification.

« Ne rien faire par crainte de l’imperfection » constitue une excuse frĂ©quente, mais cette attitude reprĂ©sente une forme de « rĂ©sistance ».

En phase initiale, la notion mĂȘme de « perfection » demeure inconnue.

À l’image du devoir jugĂ© parfait par un Ă©lĂšve de l’école primaire, ou de la mĂ©lodie jugĂ©e parfaite par Liszt, ces Ă©tats relĂšvent d’un processus.

MĂȘme les physiciens du XXᔉ siĂšcle n’affirment pas que la physique classique de Newton est parfaite, faute de quoi la relativitĂ© n’existerait pas. 

Si mĂȘme la physique classique de Newton comporte de nombreux problĂšmes, pourquoi attendre que tes propres rĂ©sultats de niveau initial soient parfaits ?

Il n’est pas nĂ©cessaire de se soucier du caractĂšre parfait ou non des rĂ©sultats initiaux, car l’imperfection est inĂ©vitable. 


Le point essentiel réside dans la correction ultérieure.

De plus, si une comparaison devait ĂȘtre Ă©tablie quant Ă  la proximitĂ© avec la « perfection », laquelle se rapproche davantage : 

« rester immobile sans agir » ou « agir puis corriger continuellement » ?

Par ailleurs, de nombreuses bases demeurent acceptables mĂȘme sans correction immĂ©diate.

Par exemple, dans le contrĂŽle du poids :


PrĂ©occupation excessive concernant la marque des vitamines, ou le choix entre sept ou huit verres d’eau par jour, tout en conservant les chips et les gĂąteaux en main, et en refusant l’activitĂ© physique et un sommeil suffisant.

S’agit-il d’un chemin vers la perfection ?

MĂȘme un chat s’en dĂ©sintĂ©resserait.

Sauf en cas d’objectif visant l’excellence professionnelle absolue, l’exĂ©cution correcte des bases s’avĂšre, dans la majoritĂ© des situations, suffisante.

Pour perdre du poids, un déficit calorique est requis. Ce principe fondamental demeure pleinement stable.

MĂȘme si, dĂšs demain, le Premier ministre britannique devenait Larry, un retour de la monarchie bourbonienne en France, un transfert du siĂšge d’Apple Ă  Moscou, ou une acquisition de LVMH par Carrefour, ce principe ne varie pas et conserve une efficacitĂ© absolue.

La poursuite dans la durĂ©e constitue ensuite l’unique Ă©tape nĂ©cessitant un effort modĂ©rĂ©.

­
­

Indiquer au soi-mĂȘme quand une action doit ĂȘtre accomplie, sans dĂ©pendre ni attendre l’excitation liĂ©e Ă  la dopamine.

L’accomplissement devient possible sans recours à une stimulation de type excitant. 


Le monde et le corps personnel fournissent naturellement un feedback positif.

Par rapport aux voix externes, qu’il s’agisse d’encouragements ou de dĂ©nigrements, l’écoute des signaux internes transmis en permanence demeure essentielle. 

Il ne s’agit Ă©videmment pas de « voix » abstraites.

Par exemple, lorsque le taux de masse grasse passe de 30 % à 20 %, le corps rappelle continuellement la sensation de légÚreté retrouvée. 


Aucun like sur Instagram ni like, comment, subscribe sur YouTube n’est requis ; le corps transmet par de multiples moyens le message : « tu es en meilleure santĂ© ».

Oui.


Le corps ne fait que ne pas afficher, devant les yeux, un onglet indiquant une alerte info signalant que le taux de masse grasse a atteint un certain chiffre, avec ouverture des commentaires et des réactions. 


En réalité, le corps transmet des signaux à chaque instant.

Cependant, l’époque prĂ©sente s’est trop longtemps familiarisĂ©e avec des bruissements semblables Ă  des Ă©cumes, comme si toute sensation devait passer par ces formes pour exister.

­

Cela peut nĂ©anmoins donner l’impression que la dĂ©marche n’est pas simple. Ou que la mĂ©thode paraĂźt contraignante, abstraite.

En rĂ©alitĂ©, tu exĂ©cutes cette dĂ©marche avec succĂšs chaque jour, mais sans prĂȘter attention Ă  l’écoute de soi-mĂȘme.

Se brosser les dents.

Se brosser les dents n’est pas un comportement instinctif de l’ĂȘtre humain. Les sociĂ©tĂ©s anciennes ne pratiquaient pas cette activitĂ©.

( Ici, les pratiques anciennes consistant Ă  appliquer diverses substances sur les dents ne sont pas prises en compte. )

Reprendre les trois étapes mentionnées précédemment :

  • Remercier l’élan, mais ne pas en dĂ©pendre. Utiliser la force fournie par cet Ă©lan pour construire le systĂšme personnel et les habitudes personnelles.

  • Commencer par le simple, puis augmenter progressivement. Il n’est pas nĂ©cessaire de se soucier du caractĂšre parfait ou non des rĂ©sultats initiaux, car l’imperfection est inĂ©vitable. Le point essentiel rĂ©side dans la correction ultĂ©rieure.

  • Indiquer au soi-mĂȘme quand une action doit ĂȘtre accomplie, sans dĂ©pendre ni attendre l’excitation liĂ©e Ă  la Dopamine.

Le souvenir de la premiÚre motivation liée au brossage des dents est probablement absent. 


Il n’est plus nĂ©cessaire de produire quotidiennement une motivation, de recourir Ă  la menace de la douleur dentaire, ou d’utiliser le goĂ»t du dentifrice comme encouragement, puis de lutter intĂ©rieurement avant d’agir.

( Cela ne signifie pas que la motivation soit dĂ©nuĂ©e d’importance. Dans certaines situations, elle demeure essentielle. Ce point relĂšve d’un autre texte. )

Le fondement ici est l’habitude.

As-tu recherché, dÚs la phase initiale, un conseiller professionnel pour apprendre à te brosser les dents ?

L’absence d’une marque spĂ©cifique de brosse Ă  dents Ă©lectrique conduit-elle Ă  l’abandon du brossage ?

Une hĂ©sitation entre un angle de trente degrĂ©s ou de quarante-cinq degrĂ©s empĂȘche-t-elle l’action ?

Avec le temps, l’usage du fil dentaire et du bain de bouche est ajoutĂ© progressivement.


MĂȘme sans un brossage « parfait », une diffĂ©rence nette apparaĂźt par rapport Ă  une situation de trois jours sans brossage.

Chaque jour, le brossage des dents est effectué de maniÚre réguliÚre et spontanée. 


MĂȘme en l’absence de compliments rĂ©pĂ©tĂ©s affirmant « tu te brosses trĂšs bien les dents », l’action se poursuit.

Le maintien de l’habitude suffit : le corps transmet lui-mĂȘme le signal « appropriĂ© ». 


Il n’est pas nĂ©cessaire d’expĂ©rimenter pour savoir Ă  quel point trois jours sans brossage deviennent inconfortables.

Oui. La réponse se trouve depuis toujours à proximité.

­

Le corps, ainsi que le silence de la nuit, fournissent continuellement un feedback immédiat. 


NĂ©anmoins, les ĂȘtres humains ont pris l’habitude de dĂ©tourner l’attention de ces prĂ©sences.

À prĂ©sent, revenir aux « dĂ©clarations de rĂ©forme » du Nouvel An : 


Parmi elles, combien se sont transformées en habitudes plus solides que le fait de se brosser les dents ?

Lorsque la maniÚre de construire un systÚme devient floue, penser à « se brosser les dents ».

­
­

Hearing — the first sense to arise, the last to fade.‹
Music — unseen, intangible, yet the very soul of ambience.

­